Vous avez dit oui. Encore. Et le soir, vous ruminez. Vous auriez voulu dire non, mais le mot n’est pas sorti. Ce n’est pas un manque de caractère : le plus souvent, vous ne savez pas exactement où passe votre limite. Et une limite que vous ne voyez pas, vous ne pouvez pas la défendre.
Le schéma : vous, au centre de votre espace
J’utilise en séance un schéma très simple pour rendre vos limites visibles. Imaginez que vous vous trouvez au centre d’un carré. Chaque côté représente une façon de répondre à une demande. Deux côtés sont des murs pleins, qui ne bougent pas. Les deux autres sont souples.
① La loi : le mur que personne ne franchit
Le côté gauche, c’est la loi. Ce que la société interdit, pour vous comme pour les autres. Ici, il n’y a rien à discuter. Si l’on vous demande de mentir sur une déclaration ou de couvrir une faute grave, la réponse est déjà écrite. Vous n’avez pas à vous justifier : ce n’est pas votre règle, c’est celle de tout le monde.
② Le non négociable : votre mur à vous
Le côté du haut, c’est votre non. Ce qui compte tellement pour vous que vous ne le mettez pas sur la table : votre sécurité, vos enfants, votre santé, vos valeurs profondes. Ce mur-là, personne ne peut le tracer à votre place.
C’est souvent là que tout se joue. Beaucoup de personnes n’ont jamais pris le temps de se demander ce qui, chez elles, n’est pas négociable. Alors elles négocient tout. Un non de ce côté-là ne s’explique pas. Il se dit, calmement : « Non, ça, je ne le fais pas. »
③ Le négociable : « oui, mais » et « non, mais »
Le côté droit est en pointillés. C’est la zone des conditions : vous acceptez sous réserve, ou vous refusez en proposant autre chose.
- « Oui, mais je pars à 18 h. »
- « Non, pas ce week-end, mais je peux le suivant. »
C’est la zone la plus utile au quotidien, et la plus oubliée. Beaucoup de personnes ne connaissent que deux réponses : oui à tout, ou non sec. Entre les deux, il y a de la place pour vous.
④ Libre : le oui qui ne coûte rien
Le côté du bas est une ligne ondulée. C’est le oui sincère, celui que vous donnez avec plaisir, sans compter. Aider un ami à déménager parce que vous en avez envie, c’est ici. Ce oui-là a de la valeur justement parce qu’il est choisi, pas arraché.
Un exemple concret
Un collègue vous demande de le remplacer samedi. Faites le tour du carré.
- Est-ce interdit ? Non, on n’est pas du côté de la loi.
- Est-ce que ça touche à votre non négociable ? Samedi, c’est l’anniversaire de votre fille. Alors c’est non, sans justification à fournir.
- Sinon, est-ce négociable ? « Je peux faire le matin, pas l’après-midi. »
- Ou est-ce un oui libre ? Vous n’aviez rien de prévu et récupérer un jour vous arrange. Alors dites oui, franchement.
La question n’est plus « Est-ce que j’ose dire non ? » mais « De quel côté du carré se trouve cette demande ? ». C’est beaucoup plus simple à trancher.
Poser ses limites, c’est s’affirmer
S’affirmer, ce n’est pas s’imposer ni hausser le ton. C’est dire ce que vous pensez, ce que vous voulez et ce que vous ne voulez pas, calmement, en respectant l’autre autant que vous-même.
Le carré est un outil d’affirmation de soi. Quand vous savez de quel côté se trouve une demande, vous n’avez plus besoin de vous justifier pendant dix minutes. Un non clair, une condition posée, un oui franc : ce sont trois façons de vous affirmer. Aucune n’est agressive.
L’affirmation se travaille souvent sur de petites choses d’abord : refuser un deuxième café, demander à être servi dans l’ordre, dire que vous n’êtes pas d’accord en réunion. Ces petits pas rendent les grands moins impressionnants.
Pourquoi c’est si difficile de dire non
Si le schéma est clair et que le non ne sort toujours pas, c’est rarement une question de logique. Souvent, une vieille règle tourne en arrière-plan : « si je refuse, on ne m’aimera plus », « c’est égoïste de penser à moi », « il faut toujours faire plaisir ».
Ces règles ont été apprises tôt, parfois pour de bonnes raisons. Aujourd’hui, elles décident à votre place.
Ce que l’hypnose peut travailler
En séance, on travaille à deux niveaux. D’abord, on clarifie votre carré : ce qui est non négociable pour vous, ce qui est négociable, ce que vous donnez librement. Le poser à voix haute change déjà beaucoup de choses.
Ensuite, avec l’hypnose, on travaille sur l’affirmation de soi et sur ce qui bloque le non au moment où il faudrait le dire : la gorge qui se serre, la peur du conflit, la culpabilité qui arrive juste après. L’idée est que votre limite existe aussi dans le corps, pas seulement dans la tête.
Pour aller plus loin : les difficultés relationnelles, la confiance en soi et l’emprise et les relations toxiques.
En pratique
En parler, au cabinet à Caen ou en visio
Cabinet Essentiel Therapy, 8 place Pierre Bouchard à Caen, et en visio partout en Normandie et en France. Une séance dure environ 1 h : 95 € la première, 70 € les suivantes. Du lundi au vendredi de 8 h 30 à 19 h 30, le samedi de 8 h 30 à 15 h.
L’hypnose est un accompagnement. Elle ne remplace ni un avis médical, ni un traitement en cours. En cas de doute, parlez-en à votre médecin.

